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Discrète la bestiole ! et farouche en
plus !
Ceci explique sans doute cela.
Le desman des Pyrénées, présent également
dans toute la partie nord et centre de la péninsule ibérique
ainsi que dans le nord du Portugal ne fut repéré et
observé que très tardivement.
Animal extrêmement spécialisé, le desman a choisi
au cours de l'évolution une niche écologique très
originale pour continuer d'exister.
Une place de " draguer des cours d'eau ".
Mais même s'il est aujourd'hui protégé, ce qui
semble normal et nécessaire, notre pollution humaine croissante
et nos différents aménagement hydrauliques le mettent
de plus en plus en situation difficile.
Gros plan sur cet étonnant et attachant petit mammifère
hyper spécialisé dont on ne sait pas encore tout.
Une observation difficile
Autant vous prévenir tout de suite. Si vous voyez un jour
un desman c'est que vous avez beaucoup de chance et vous pouvez
de ce pas allez jouer au Loto !
Il faut savoir que ce mammifère est en effet aquatique, très
vif, très actif (genre vous le croyez là, il est déjà
là bas)et qu'en plus il préfère sortir la nuit.
Aussi réussir une photo de desman tourne à l'exploit.
(mais je vous propose comme moi d'aller à la maison des sources
en vallée de Barousse à Mauléon Barousse ou
vous pourrez le voir de plus prêt).
Le desman est tellement discret que la première
description scientifique de l'espèce par Geoffroy Saint Hilaire
date officiellement et seulement de 1811 à partir d'individus
capturés à coté de Barbazan-Debat, par un professeur
d'histoire naturelle de Tarbes M Derouay.
Le desman était alors fort répandu dans notre département
et certainement aussi dans toute la chaîne des Pyrénées.
Il le fut aussi vraisemblablement à la préhistoire
dans toute l'Europe, car des fossiles ont été retrouvés
dans le Gers, le Puy de Dôme et même dans le Comté
de Norfolk et Angleterre.
Hélas ! Son mode de vie le rend très sensible à
la qualité de l'eau.
Aussi, au fur et à mesure que celle-ci se dégradait,
le desman se replia prudemment sur les hauteurs moins polluées.
On le trouve maintenant en Hautes Pyrénées
et en altitude à partir de 400 mètres jusqu'aux plus
hauts lacs de montagne.
Quelques individus vivent même à plus de 2000 mètres.
Le desman est devenu (sans le vouloir) un excellent
témoin de la bonne qualité de l'eau et du milieu aquatique.
Là où vous trouverez des desmans, la rivière
est propre.
Encore faut-il aussi, que ce cours d'eau ne soit pas trop perturbé
par des aménagements hydrauliques ou hydro-éléctriques.
Car rien à faire, notre desman aime les cours d'eau aux lits
sauvages.
Aussi son habitat se réduit et ses populations se fragmentent
peu à peu
signes inquiétant pour son devenir.
Un étrange portrait
Le desman des Pyrénées et appelé scientifiquement
galemys pyrenaicus.
C'est un mammifère insectivore de la famille des talpidés.
(celle des taupes)
Dans la clasisfication des animaux, le desman est sur un segment
un peu isolé.
Il a seulement un lointain cousin russe (desmana moschata), présent
dans l'Oural et 2 à 3 fois plus gros que le Pyrénéen.
Son aspect étrange : une boule de poils en général
dégoulinante, un corps de rat, une absence d'yeux et d'oreilles
(la fourrure la cache), une queue ronde et forte recouverte de simili
écailles, des pattes avant de la taupe et des pattes arrière
plus importantes.
Le desman Pyrénéens adulte mesure
environ 24 à 29 cm, dont une bonne moitié pour sa
queue.
Il pèse environ 75 gr.
Son corps est couvert d'une fourrure épaisse très
dense et très douce.
Ses pattes avant sont courtes. Celles à l'arrière
sont plus puissantes. Elles sont toutes fortement griffues et palmées.
Elle lui permettent de nager sous l'eau, mais aussi de se déplacer
sur les berges
Son nez est allongé comme une petite trompe d'ou son surnom
inadapté de " rat trompette " il mesure environ
un quart de son corps.
Ce nez est couvert de poils tactiles plus longs appelés "
vibrisses ".
Ses narines sont équipées d'une membrane, qui permet
leur fermeture sous l'eau.
Car cette petit trompe comporte une panoplie technologique digne
d'un radar, chromatographe, vision nocturne et on ne sait peut-être
pas encore tout !
Situé tout au bout de son étrange nez, l'organe d'Emeir
permet à notre desman de déceler des objets à
distance.
Un autre organe, celui de Jacobson, situé lui à l'entrée
de ses fosses nasales lui permet d'analyser les " odeurs "
dans l'eau.
Eh oui ! le desman sent dans l'eau.
C'est insolite mais c'est vrai.
Il repère ainsi sûrement ses proies.
En position de nage le desman colle ses pattes avant
à son corps. Ce sont les pattes arrière plus écartées
qui feront office de rames et lui permettront de lutter même
contre les courants relativement forts.
Toutefois il ne résiste pas à un torrent trop impétueux.
Les lâchers brutaux d'eau pour soulager les barrages lui sont
fatals.
Son terrain de chasse favori est de nuit dans le cours d'un ruisseau
ou d'une rivière.
Il plonge et se déplace facilement sous l'eau.
Il fouille alors sables et cailloux à la recherche d'insectes
avec sa trompe et ses pattes avant.
Ses plongées peuvent durer jusqu'à 4 minutes, mais
la moyenne reste entre 10 à 30 secondes.
Le desman se nourrit presque exclusivement d'insectes aquatiques,
même s'il ne dédaigne à l'occasion les invertébrés
terrestres : un bon ver de terre ou un moucheron par exemple.
Ses préférences vont à 2 familles d'insectes
de l'ordre des tricoptères (appelés aussi porte de
bois), qui aiment les zones à fort courant et qui vivent
sur ou sous les pierres des cours d'eaux
Il y a d'abord les hydropsychidés, insectes qui construisent
de petits filets qui leur permettent de ramasser de minuscules particules
organiques dont ils se nourrissent.
Il y a aussi des rhyacophilidés, qui eux sont simplement
des prédateurs nettoyeurs de rivière.
Ces insectes sont à forte valeur énergétique(grande
taille et faible sclérification).
Il vaut mieux car le desman travaille parfois dans les eaux très
froides !
Ces population d'insectes sont par contre très sensibles
à la poluttion.
Et par voie de conséquence les desmans aussi.
On a longtemps accusé le desman de chasser les petites truites.
On l'a même persécuté pour cela.
Mais sur une étude de 2000 excréments analysés,
pas un seul ne contenait d'écailles de poissons.
Le desman est donc strictement insectivore.
Un desman adulte a besoin d'un terrain de chasse d'au moins 800
mètres de rivière, certains jusqu'à 2000 mètres.
Tout dépend bien sûr de l'état de cette rivière.
Il mange chaque jour à peu près l'équivalent
de son propre poids.
Comme la loutre, le desman marque son territoire au moyen de déjections,
qui sentent fortement le musc, pour signaler que cette portion de
la rivière constitue son territoire.
Après chaque capture, l'animal revient sur le sol pour manger
sa proie.
Un fois rassasié, il rentre ensuite dans son terrier situé
en général tout près de la berge après
avoir pris soin de son pelage.
Une vie sociale et familiale inconnue
En cas de danger, un desman peut crier.
Mais on ne sait pas vraiment comment il communique habituellement
avec ses congénères.
Odeurs ? Echos dans l'eau ? Ultra sons ? Mystère.
Comme l'espèce n'a jamais pu être conservée
en captivité et qu'elle est très difficile à
observer dans son milieu naturel, on ne sait que très peu
de choses sur sa vie de famille.
La cohabitation paraissant difficile, chaque sexe semble posséder
son propre domaine de chasse, les uns à coté des autres.
Mais quel est le comportement amoureux du desman ? comme s'accouple-t-il
? Combien y-a-t-il de mise bas par an ?De combien de petits ? Qui
les élève ? Qui leurs apprend à chasser ? Comment
? A quel âge prennent- ils leurs premier bain ? Les jeunes
reproducteurs sont -ils tolérés sur les portions de
rivières " propriété " des parents
?Pendant combien de temps ?
.
Comme on peut le constater au vu de ces questions, le desman n'a
pas encore livré tous ses secrets
et cela participe
sûrement à son indéniable charme.
Après tout le proverbe dit : pour vivre heureux vivons caché.
Le desman semble appliquer cette maxime à la lettre.
Mais quand on voit ce que les hommes ont fait de l'ours, on ne peut
pas lui donner tort.
On ne peut que lui souhaiter qu'il reste encore longtemps parmi
nous !
Alors SVP évitez de polluer ce qui nous reste de rivières
propres !! Et faites passer le message!
NOTA BENE : Le DESMAN est protégé
au niveau national et international.
Merci à JNL, du Parc National des Pyrénées,
pour certaines précisions sur ce reportage.
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