Vous avez envie de manger des pommes de votre jardin ?
Plantez un pommier. Ce n'est pas difficile, on l'appelle
souvent le " maître du verger ".
Mais avant de planter un pommier vous devez vous posez
des questions :
- Quel type de pommes souhaitez-vous ? Quel type de pommier
? et déjà de quelle place disposez-vous
- un pommier, çà s'entretient, çà
se taille, çà peut être sujet à
des maladies ou des attaques d'insectes
- Et que faites-vous de vos récoltes ? savoir conserver
sa récolte, des recettes à base de pommes
Quel type
de pommiers?
Il existe tant de variétés de pommes qu'il
faut choisir celle que vous avez envie de récolter
dans votre jardin. Et certaines variétés sont
plus ou moins faciles à cultiver.
- des pommes à manger au couteau ou des pommes à
cuire ou cuisiner
Pommes au couteau : supposent une maturité à
une époque souhaitée, une capacité
à bien se conserver
Pommes à cuire : généralement leur
maturité s'améliore avec leur conservation
: exemple : Lanscailler, Boskoop, les Reinettes
sans oublier les pommes à cidre
- des pommes douces ou des pommes acides :
. des pommes douces telles que Golden, Jonagold, Cox Orange,
Belle Fleur,
. des pommes acides telles que la belle de Boskoop, toutes
les Reinettes
- des pommes précoces ou des pommes tardives :
. Pommes précoces (à partir d'août)
: Akane, Golden Delicious, Cox Orange, Melrose,
. Pommes tardives : les Reinettes, Belle de Boskoop, Lanscailler,
qui finissent de mûrir jusqu'en fin d'hiver
- des variétés modernes ou des variétés
anciennes ou régionales ; consultez votre pépiniériste
!
Il semble préférable de privilégier
les pommiers adaptés à la région et
au sol de votre jardin ; ils n'en seront que plus productifs
et plus résistants aux parasites et maladies
Quel type
de pommier?
1- Ses besoins
Cultiver un pommier n'est pas difficile, mais il faut tenir
compte de ses besoins.
En effet, le pommier se cultive presque partout en France,
résiste bien au froid, se plait dans les sols profonds
:
- un pommier aime le climat frais
- mais certaines variétés craignent l'excès
d'humidité ou au contraire les sols caillouteux ou
trop secs
Certaines variétés sont plus ou moins vigoureuses,
plus ou moins sensibles aux maladies
à Il faut consulter les fiches techniques de la variété
avant l'achat de l'arbre.
2- Les formes de pommiers
La vigueur du pommier dépend de son porte-greffe.
Selon la place dont on dispose et selon ses goûts,
on peut s'orienter vers :
- pommier haute tige
c'est le pommier classique des vergers anciens
avantages : productif, durée de vie longue, espace
libre sous le pommier, peu exigeant en taille
inconvénients : mise à fruit longue, pommes
difficiles à cueillir, espace important surtout s'il
s'agit d'une variété vigoureuse (au moins
10 mètres entre chaque arbre)
- pommier demi-tige et basse-tige : la couronne se forme
à partir d'un mètre et demie (demi-tige)
C'est le pommier des jardins modernes, certaines variétés
acceptent les formes libres ; ce sont les plus courants
dans les jardins d'amateurs
avantages : mise à fruit rapide, cueillette facile,
facile d'entretien car supporte une taille classique ou
moderne
inconvénients : l'espace sous le pommier est difficilement
utilisable
- pommiers espaliers ou palmette
c'est le pommier des petits jardins en raison de son encombrement
réduit
avantages : productif par rapport à sa taille, se
marie bien à un jardin d'ornement ou un potager,
cueillette très accessible
inconvénients : l'arbre est évidemment plus
faible dans sa constitution, nécessite une taille
rigoureuse
- forme de type cordon
Utilisée par exemple pour délimiter une allée
dans un potager ou un jardin d'ornement puisque le cordon
part à l'horizontale à 60 cm du sol.
à La forme de l'arbre doit donc être adaptée
à la place du pommier dans le jardin où il
sera planté.
3- La plantation
- Il faut d'abord éviter de planter là où
était un autre arbre fruitier car des champignons
développés sur les anciennes racines peuvent
se reporter sur les racines du nouvel arbre.
- La période idéale : de fin novembre à
fin mars, sauf en période de gel.
Creuser un trou de 40 cm un mois à l'avance, placer
au fond un tapis de fumier décomposé ou déshydraté
puis une dose d'engrais " spécial arbres fruitiers
" ou son équivalent en bio (Or Brun, etc.
)
- Praliner les arbres à racines nues : les tremper
dans une solution de boue éventuellement additionnée
d'hormones ou de bouse.
- Pour les arbres vendus en container, émietter la
motte pour permettre aux racines de mieux s'enraciner.
- Tuteurer avant la plantation de l'arbre, et ensuite surveiller
régulièrement que le lien ne serre pas trop
le tronc ainsi maintenu.
- Penser à arroser l'été suivant pendant
les périodes de sécheresse.
Les soins
à apporter, la taille
Il convient de pratiquer une taille régulière,
sélectionner les fruits lorsqu'ils se forment, prévenir
les maladies.
1- la taille d'entretien
Trois principes à retenir :
- Un pommier exubérant doit être taillé
long pour modérer sa vigueur ; au contraire un pommier
chétif sera taillé court pour stimuler sa
végétation.
- La sève a toujours tendance à monter ; sa
circulation se ralentit sur les branches qui partent en
oblique ou qui se courbent
- La nature est paresseuse : la sève cherchera à
circuler dans les branches les plus faciles
Trois méthodes de taille d'entretien : taille classique,
taille libre ou taille moderne ?
1) la taille classique dite tri gemme
Elle se réalise en fin d'hiver et a pour but de privilégier
la mise à fruit de certains bourgeons
Réalisation
Explication supportée par l'affiche Jardiniers de
France : la taille de fructification
Observation : il faut toujours penser à amener les
bourgeons à fruit au plus près des branches
charpentières.
2) la taille libre
Les branches sont arquées pour freiner la montée
de sève, et donc favoriser la formation de boutons
à fruits,
Il faut dégager l'intérieur de l'arbre de
façon à laisser la lumière pénétrer
à l'intérieur (idée de gobelet)
3) la taille moderne
C'est celle qui est maintenant utilisée dans les
vergers de production.
L'idée est de construire l'arbre en favorisant les
branches qui partent en oblique à 45° ; au fur
et à mesure de leur croissance ces branches s'arquent
sous leur propre poids ce qui favorise la mise à
fruit sans taille particulière. Et de temps à
autre une branche est coupée pour favoriser une autre
branche appelée à la remplacer.
C'est en fait la même méthode que celle qui
était appliquée dans les vergers de hautes-tiges
où les branches ne sont pas taillées, mais
sont simplement coupées lorsqu'il apparaît
nécessaire d'aérer l'arbre ou lorsque arrive
le moment de limiter la hauteur de la tête de l'arbre
La taille de rajeunissement
Il s'agit de redonner de la vigueur à un arbre abandonné
ou mal taillé.
Il faudra alors parler d'élagage pour équilibrer
la ramure et laisser revenir la lumière dans l'arbre
; il faudra aussi rafraîchir à la scie les
branches cassées ou arrachées.
Les plaies de coupe sont cicatrisées au goudron de
Norvège appliqué avec un pinceau.
Au besoin gratter les écorces couvertes de mousse
ou les grosses écaillent qui abritent les parasites.
2- La sélection des fruits
On remarque que souvent les pommiers ont tendance à
ne produire qu'une année sur deux : une année
de forte production alterne avec une année de repos.
En mai-juin, il faudra supprimer manuellement les fruits
en surnombre de façon à ce que les fruits
qui restent puissent grossir convenablement ; en principe
on conserve le fruit central.
Si les fruits sont régulièrement attaqués
par les oiseaux, ils peuvent être protégés
par ensachage.
3- Le traitement des principales maladies et parasites
1) Les maladies
- la tavelure
Elle se reconnaît à l'apparition de tâches
noires sur les feuilles et sur les fruits ; c'est la principale
maladie du pommier.
Traitement préventif à la chute des feuilles
puis début avril à la bouillie bordelaise
ou un fongicide " spécial tavelure. Au besoin,
renouveler ce traitement plusieurs fois jusqu'en septembre.
- l'oïdium
Se caractérise par un feutrage blanc farineux et
se soigne au souffre mouillable
- le chancre
C'est la maladie des sols trop humides ou trop piétinés
; certaines variétés de pommiers y sont plus
sensibles ; il faut aérer le sol sous la couronne
de l'arbre et l'améliorer par du compost, et compléter
par un traitement d'hiver à la bouillie bordelaise.
- la moniliose
Se remarque par des coussinets beiges en anneaux concentriques
sur les fruits qui se mettent alors à pourrir et
se momifier sur l'arbre.
Il faut impérativement retirer les fruits momifiés
et les détruire (brûler) et traiter l'arbre
avec un produit adapté.
2) Les parasites
- le puceron se manifeste tôt en saison et se remarque
par un enroulement des feuilles, un racornissement ou des
déformations des pousses.
Il se traite par un insecticide adapté ; en culture
bio par un insecticide à la roténone.
- le carpocapse dit ver de la pomme est amené par
un petit papillon nocturne ; la larve creuse des galeries
dans la pomme (fruit véreux)
Il faut d'abord ramasser les pommes tombées qui sont
déjà parasitées, installer des bandes
pièges le long du tronc et éventuellement
des nichoirs à chauve-souris qui sont de bons prédateurs
de ces papillons. Si nécessaire complétez
par un insecticide adapté.
La récolte
, la conservation,
utilisation des pommes
1- La récolte
1) Quand récolter ?
La récolte s'annonce quand les premiers fruits commencent
à tomber et se cueillent sans que la queue se casse.
Les variétés d'hiver se cueillent en fait
juste avant les gelées.
2) La conservation
Les pommes se conservent dans un local sombre entre 5 et
10° avec un taux d'humidité proche de 80%.
Elles sont placées sur des étagères
préalablement nettoyées soigneusement ou dans
des cagettes récupérées sur les marchés.
L'idéal c'est que les fruits soient placés
à plat sans qu'ils se touchent.
Pour éviter que survienne une " pourriture ",
ne doivent être entreposés que des fruits sains,
les autres ne se conserveront pas. Les fruits qui se pourrissent
sont en fait atteints d'un champignon ; c'est donc pour
cela que les étagères et cagettes doivent
être soigneusement désinfectées.
Il faut rappeler que certaines variétés de
pomme se conservent mieux que d'autres ; certaines finissent
de mûrir une fois cueillies.
2- L'utilisation des pommes au couteau
Ce sont les variétés les plus fermes qui sont
à privilégier pour cet usage.
Certains voudront les éplucher, d'autres pas.
Application dérivée : les salades de fruits
Les fruits abîmés pourront être utilisés
de cette façon puisqu'il s'agit de mélanger
des morceaux de pommes avec d'autres fruits de saison au
goût de chacun pour constituer une " salade "
plus ou moins sucrée.
3- Les pommes cuites
Ce ne sont pas les recettes qui manquent ; Citons (les
recettes sont fournies à qui les souhaitent)
- la compote de pommes
- la gelée de pommes
- la tarte aux pommes
- différents gâteaux
- La cuisine salée/sucré par exemple avec
des viandes blanches ou volailles.
Recettes disponibles :
Sur
notre site
Sources
et supports
1) Jardiniers de France
Affiche pédagogique : la taille de fructification
Pour nos Jardins septembre 2002
Pour nos Jardins septembre 2000
2) Autres sources
Le Guide Clause
Dossier " Le Pèlerin " spécial jardin
n°30
Fiche technique de l'Espace Naturel Régional
