Les pommes au jardin

Infos:

C'est à Villeuneuve d'Ascq, que le correspondant local, Monsieur Delporte Michel (sans mon accent du sud), a donné ce cours aux membres de l'association des Jardiniers de France. C'est comme cela que nous voyons les choses au niveau du Jumelage des deux clubs.

Vous avez envie de manger des pommes de votre jardin ? Plantez un pommier. Ce n'est pas difficile, on l'appelle souvent le " maître du verger ".

Mais avant de planter un pommier vous devez vous posez des questions :
- Quel type de pommes souhaitez-vous ? Quel type de pommier ? et déjà de quelle place disposez-vous
- un pommier, çà s'entretient, çà se taille, çà peut être sujet à des maladies ou des attaques d'insectes
- Et que faites-vous de vos récoltes ? savoir conserver sa récolte, des recettes à base de pommes

Quel type de pommiers?

Il existe tant de variétés de pommes qu'il faut choisir celle que vous avez envie de récolter dans votre jardin. Et certaines variétés sont plus ou moins faciles à cultiver.

- des pommes à manger au couteau ou des pommes à cuire ou cuisiner
Pommes au couteau : supposent une maturité à une époque souhaitée, une capacité à bien se conserver
Pommes à cuire : généralement leur maturité s'améliore avec leur conservation : exemple : Lanscailler, Boskoop, les Reinettes
sans oublier les pommes à cidre
- des pommes douces ou des pommes acides :
. des pommes douces telles que Golden, Jonagold, Cox Orange, Belle Fleur, …
. des pommes acides telles que la belle de Boskoop, toutes les Reinettes
- des pommes précoces ou des pommes tardives :
. Pommes précoces (à partir d'août) : Akane, Golden Delicious, Cox Orange, Melrose, …
. Pommes tardives : les Reinettes, Belle de Boskoop, Lanscailler, … qui finissent de mûrir jusqu'en fin d'hiver
- des variétés modernes ou des variétés anciennes ou régionales ; consultez votre pépiniériste !

Il semble préférable de privilégier les pommiers adaptés à la région et au sol de votre jardin ; ils n'en seront que plus productifs et plus résistants aux parasites et maladies


Quel type de pommier?

1- Ses besoins

Cultiver un pommier n'est pas difficile, mais il faut tenir compte de ses besoins.
En effet, le pommier se cultive presque partout en France, résiste bien au froid, se plait dans les sols profonds :
- un pommier aime le climat frais
- mais certaines variétés craignent l'excès d'humidité ou au contraire les sols caillouteux ou trop secs
Certaines variétés sont plus ou moins vigoureuses, plus ou moins sensibles aux maladies
à Il faut consulter les fiches techniques de la variété avant l'achat de l'arbre.

2- Les formes de pommiers

La vigueur du pommier dépend de son porte-greffe. Selon la place dont on dispose et selon ses goûts, on peut s'orienter vers :
- pommier haute tige
c'est le pommier classique des vergers anciens
avantages : productif, durée de vie longue, espace libre sous le pommier, peu exigeant en taille
inconvénients : mise à fruit longue, pommes difficiles à cueillir, espace important surtout s'il s'agit d'une variété vigoureuse (au moins 10 mètres entre chaque arbre)
- pommier demi-tige et basse-tige : la couronne se forme à partir d'un mètre et demie (demi-tige)
C'est le pommier des jardins modernes, certaines variétés acceptent les formes libres ; ce sont les plus courants dans les jardins d'amateurs
avantages : mise à fruit rapide, cueillette facile, facile d'entretien car supporte une taille classique ou moderne
inconvénients : l'espace sous le pommier est difficilement utilisable
- pommiers espaliers ou palmette
c'est le pommier des petits jardins en raison de son encombrement réduit
avantages : productif par rapport à sa taille, se marie bien à un jardin d'ornement ou un potager, cueillette très accessible
inconvénients : l'arbre est évidemment plus faible dans sa constitution, nécessite une taille rigoureuse
- forme de type cordon
Utilisée par exemple pour délimiter une allée dans un potager ou un jardin d'ornement puisque le cordon part à l'horizontale à 60 cm du sol.

à La forme de l'arbre doit donc être adaptée à la place du pommier dans le jardin où il sera planté.

3- La plantation

- Il faut d'abord éviter de planter là où était un autre arbre fruitier car des champignons développés sur les anciennes racines peuvent se reporter sur les racines du nouvel arbre.
- La période idéale : de fin novembre à fin mars, sauf en période de gel.
Creuser un trou de 40 cm un mois à l'avance, placer au fond un tapis de fumier décomposé ou déshydraté puis une dose d'engrais " spécial arbres fruitiers " ou son équivalent en bio (Or Brun, etc. …)
- Praliner les arbres à racines nues : les tremper dans une solution de boue éventuellement additionnée d'hormones ou de bouse.
- Pour les arbres vendus en container, émietter la motte pour permettre aux racines de mieux s'enraciner.
- Tuteurer avant la plantation de l'arbre, et ensuite surveiller régulièrement que le lien ne serre pas trop le tronc ainsi maintenu.
- Penser à arroser l'été suivant pendant les périodes de sécheresse.


Les soins à apporter, la taille

Il convient de pratiquer une taille régulière, sélectionner les fruits lorsqu'ils se forment, prévenir les maladies.

1- la taille d'entretien

Trois principes à retenir :
- Un pommier exubérant doit être taillé long pour modérer sa vigueur ; au contraire un pommier chétif sera taillé court pour stimuler sa végétation.
- La sève a toujours tendance à monter ; sa circulation se ralentit sur les branches qui partent en oblique ou qui se courbent
- La nature est paresseuse : la sève cherchera à circuler dans les branches les plus faciles

Trois méthodes de taille d'entretien : taille classique, taille libre ou taille moderne ?

1) la taille classique dite tri gemme
Elle se réalise en fin d'hiver et a pour but de privilégier la mise à fruit de certains bourgeons
Réalisation
Explication supportée par l'affiche Jardiniers de France : la taille de fructification
Observation : il faut toujours penser à amener les bourgeons à fruit au plus près des branches charpentières.

2) la taille libre
Les branches sont arquées pour freiner la montée de sève, et donc favoriser la formation de boutons à fruits,
Il faut dégager l'intérieur de l'arbre de façon à laisser la lumière pénétrer à l'intérieur (idée de gobelet)

3) la taille moderne
C'est celle qui est maintenant utilisée dans les vergers de production.
L'idée est de construire l'arbre en favorisant les branches qui partent en oblique à 45° ; au fur et à mesure de leur croissance ces branches s'arquent sous leur propre poids ce qui favorise la mise à fruit sans taille particulière. Et de temps à autre une branche est coupée pour favoriser une autre branche appelée à la remplacer.
C'est en fait la même méthode que celle qui était appliquée dans les vergers de hautes-tiges où les branches ne sont pas taillées, mais sont simplement coupées lorsqu'il apparaît nécessaire d'aérer l'arbre ou lorsque arrive le moment de limiter la hauteur de la tête de l'arbre

La taille de rajeunissement

Il s'agit de redonner de la vigueur à un arbre abandonné ou mal taillé.
Il faudra alors parler d'élagage pour équilibrer la ramure et laisser revenir la lumière dans l'arbre ; il faudra aussi rafraîchir à la scie les branches cassées ou arrachées.
Les plaies de coupe sont cicatrisées au goudron de Norvège appliqué avec un pinceau.
Au besoin gratter les écorces couvertes de mousse ou les grosses écaillent qui abritent les parasites.

2- La sélection des fruits

On remarque que souvent les pommiers ont tendance à ne produire qu'une année sur deux : une année de forte production alterne avec une année de repos.
En mai-juin, il faudra supprimer manuellement les fruits en surnombre de façon à ce que les fruits qui restent puissent grossir convenablement ; en principe on conserve le fruit central.
Si les fruits sont régulièrement attaqués par les oiseaux, ils peuvent être protégés par ensachage.

3- Le traitement des principales maladies et parasites

1) Les maladies
- la tavelure
Elle se reconnaît à l'apparition de tâches noires sur les feuilles et sur les fruits ; c'est la principale maladie du pommier.
Traitement préventif à la chute des feuilles puis début avril à la bouillie bordelaise ou un fongicide " spécial tavelure. Au besoin, renouveler ce traitement plusieurs fois jusqu'en septembre.
- l'oïdium
Se caractérise par un feutrage blanc farineux et se soigne au souffre mouillable
- le chancre
C'est la maladie des sols trop humides ou trop piétinés ; certaines variétés de pommiers y sont plus sensibles ; il faut aérer le sol sous la couronne de l'arbre et l'améliorer par du compost, et compléter par un traitement d'hiver à la bouillie bordelaise.
- la moniliose
Se remarque par des coussinets beiges en anneaux concentriques sur les fruits qui se mettent alors à pourrir et se momifier sur l'arbre.
Il faut impérativement retirer les fruits momifiés et les détruire (brûler) et traiter l'arbre avec un produit adapté.

2) Les parasites
- le puceron se manifeste tôt en saison et se remarque par un enroulement des feuilles, un racornissement ou des déformations des pousses.
Il se traite par un insecticide adapté ; en culture bio par un insecticide à la roténone.
- le carpocapse dit ver de la pomme est amené par un petit papillon nocturne ; la larve creuse des galeries dans la pomme (fruit véreux)
Il faut d'abord ramasser les pommes tombées qui sont déjà parasitées, installer des bandes pièges le long du tronc et éventuellement des nichoirs à chauve-souris qui sont de bons prédateurs de ces papillons. Si nécessaire complétez par un insecticide adapté.

La récolte , la conservation, utilisation des pommes

1- La récolte

1) Quand récolter ?
La récolte s'annonce quand les premiers fruits commencent à tomber et se cueillent sans que la queue se casse.
Les variétés d'hiver se cueillent en fait juste avant les gelées.

2) La conservation
Les pommes se conservent dans un local sombre entre 5 et 10° avec un taux d'humidité proche de 80%.
Elles sont placées sur des étagères préalablement nettoyées soigneusement ou dans des cagettes récupérées sur les marchés. L'idéal c'est que les fruits soient placés à plat sans qu'ils se touchent.
Pour éviter que survienne une " pourriture ", ne doivent être entreposés que des fruits sains, les autres ne se conserveront pas. Les fruits qui se pourrissent sont en fait atteints d'un champignon ; c'est donc pour cela que les étagères et cagettes doivent être soigneusement désinfectées.
Il faut rappeler que certaines variétés de pomme se conservent mieux que d'autres ; certaines finissent de mûrir une fois cueillies.

2- L'utilisation des pommes au couteau

Ce sont les variétés les plus fermes qui sont à privilégier pour cet usage.
Certains voudront les éplucher, d'autres pas.

Application dérivée : les salades de fruits
Les fruits abîmés pourront être utilisés de cette façon puisqu'il s'agit de mélanger des morceaux de pommes avec d'autres fruits de saison au goût de chacun pour constituer une " salade " plus ou moins sucrée.

3- Les pommes cuites

Ce ne sont pas les recettes qui manquent ; Citons (les recettes sont fournies à qui les souhaitent)
- la compote de pommes
- la gelée de pommes
- la tarte aux pommes
- différents gâteaux
- La cuisine salée/sucré par exemple avec des viandes blanches ou volailles.

Recettes disponibles :
Sur notre site


Sources et supports

1) Jardiniers de France
Affiche pédagogique : la taille de fructification
Pour nos Jardins septembre 2002
Pour nos Jardins septembre 2000

2) Autres sources
Le Guide Clause
Dossier " Le Pèlerin " spécial jardin n°30
Fiche technique de l'Espace Naturel Régional